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La rubrique Technique

LA RESTAURATION DE LA CARROSSERIE
 

Première étape : Le démontage

La première phase de la restauration étant le démontage, choisissez convenablement votre emplacement, afin de faciliter les différentes opérations de la restauration, et éviter d'être submergé par les pièces une fois celles-ci étalées sur le sol de votre garage. Stabilisez l'auto et commencez le démontage en repérant convenablement les pièces au fur et à mesure, puis rangez celles-ci dans des boîtes. Classez de préférence vos pièces par catégorie.
Soyez rigoureux dans cette opération, car le temps nécessaire au remontage en découlera.

Deuxième étape : L'inspection

Le démontage étant terminé, une inspection sérieuse de la caisse s'impose. Afin de ne pas perdre de temps à décaper des pièces qui seraient en fait à remplacer après y avoir regardé de plus près, prenez soin d'effectuer consciencieusement cette opération. Surveillez les planchers, _selfement les parties avant, les doublures de tôle, et tôles en recouvrement souvent sujettes à la corrosion, les ailes arrière, la cheminée d'aération et de chauffage, le tour de pare brise et lunette arrière, la planche arrière, les montants de toit, les bas de caisse et dessous de caisse, longerons y compris. Pour chaque contrôle de ces éléments vérifiez aussi bien le dessus que le dessous, et n'hésitez pas à gratter avec une spatule pour enlever une surépaisseur suspecte, voir une couche de rouille pouvant cacher une perforation. Retirez également la fibre de verre si vous en voyez, car elle est souvent employée pour cacher la misère. La fibre de verre et mastic de rebouchage peuvent camoufler grand nombre de défauts. Derrière une peinture, rien ne transparaît, et malgré cet examen vous risquez d'avoir des surprises dans l'avancement de vos travaux.

 

Aperçu du plancher avant côté conducteur d'une Mustang
hardtop 1966.
Celui-ci est fortement corrodé, et perforé par endroit.

Les montants arrière, et la baie de lunette sont à remplacer.
La planche à chapeau a déjà été retirée.
La rouille est venue à bout de ces parties, qui sont perforées,
ou tout simplement désagrégées.
 

Aperçu d'une partie du tunnel d'arbre et
de pont ne présentant pas de dégâts apparents.

Passage de roue et coffre dont le Blackson
sera à retirer avant toute chose.
 
Si l'auto vous paraît saine, il vous reste à passer à la phase la plus ingrate, le décapage, car à moins d'avoir énormément de chance, le blackson présent dans la majorité des cas dans nos autos peut cacher la rouille qui même superficielle doit être traitée par une action durable.
 

Aperçu du plancher d'une Mustang hardtop 1966,
après décapage du Blackson.
Celui-ci nécessitera malgré son aspect correct,
quelques réparations.
 

Troisième étape : Le décapage

Aidez-vous pour cela du chalumeau à gaz, ou du décapeur thermique en chauffant le blackson pour le gratter ensuite avec une spatule. Cette opération quoique ingrate, n'est pas une des plus difficile, sauf dans les endroits difficiles d'accès. Attention cependant de ne pas trop chauffer, car sous l'action de la chaleur, la tôle pourrait se déformer. Evitez le chalumeau pour les panneaux peu nervurés ou sans renfort, tels que les ailes avant, arrière, et le toit. Préférez dans ce cas précis le décapage par action chimique. La majorité des décapants chimiques vendus en grande distribution viennent à bout des peintures et insonorisant en tous genres. Le décapage étant terminé, attaquez-vous à la rouille. Plusieurs types de rouilles existent. La première, la plus facile à traiter, la fleur de rouille, apparaît souvent sur de la tôle saine par l'action de l'humidité. Pour la retirer, un papier de verre fin suffit. Vient ensuite la rouille dîte superficielle, plus récalcitrante, on en vient à bout à l'aide d'une brosse acier ou téflon, montée sur une perceuse. Papier de verre et brosses à main restent cependant indispensables. La rouille de par son action attaque l'acier en profondeur, et en cas de rouille importante il faut utiliser une disqueuse ou une lime électrique. L'utilisation de ces outils a pour inconvénient dans ce cas de diminuer l'épaisseur de la tôle. Enfin, la rouille perforante, celle-ci se caractérise par un cloquage de la peinture avant de venir perforer la tôle. Là, pas d'autre solution que de découper la tôle afin de remplacer par une pièce, voir remplacer l'élément entier selon la nature des dégâts. Vous pouvez également en cas de petite perforation, après élargissement de la zone corrodée, avoir recours à l'étain de rebouchage. Evitez dans tous les cas de reboucher les trous avec du mastic ou fibre de verre, car l'action de la rouille est irrémédiable sans un traitement approprié, ou ablation des zones où la rouille est devenue trop présente. Vous serez seul juge pour décider des actions à entreprendre, mais sachez tout de même qu'il est plus facile d'intervenir durant la phase de restauration, que lorsque que votre véhicule roulera. La rouille vous l'aurez compris, est un véritable fléau, la hantise de tout collectionneur soucieux de conserver son auto en bon état.